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vendredi, 09 novembre 2007

Le lit au Moyen-Âge

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Bon alors je vous préviens d’avance, je vais m’attarder sur le lit d’un seigneur et de ses dames parce que le petit paysan du coin c’était la paillasse…Alors que celui dont je vais vous parler, il fait rêver (si certains rêvent de la paillasse, il devient urgent qu’ils nous passent commande pour un nouveau lit). Je regrette même qu’on ne commercialise pas ce type de couchage chez nous même si comme vous le verrez l’entretien est exigeant.


Le bois de lit est appelé Châlit. Il correspond à notre « cadre de lit ».

Confectionné en bois d’hêtre ou de chêne, son sommier peut être réalisé par un fond de planche (châlit bordé) ou par un fond de cordes ou de nattes entrecroisées (châlit cordé).

Au dessus est posé une paillasse qui n’est autre qu’un sac rempli de paille (paille-paillasse je sais c’était très difficile à deviner mais ce blog ayant des vertus éducatives vous voyez je suis prête à vous mâcher le boulot… je sais, ne me remerciez pas.) ou bien de feuilles sèches (ah celle-là vous n’y aviez pas pensé, comme quoi je peux vous feinter parfois).

cff7f8ddbd85786c5a4dc6a4a4e41fb2.jpgSur cette première couche se pose le materas. En effet, le mot matelas que nous connaissons aujourd’hui, est d’origine arabe. Il est apparut au XIIIe siècle et découle de matrah signifiant « chose jetée à terre » (et autant vous l’avouer chez moi il y a beaucoup de matrah et non « bordel » ).

Le materas est lui garni entièrement de laine ou plus simplement de coton.

Vous pensez que ça s’arrête là ? Et bien non, c’est qu’à l’époque déjà on avait une belle idée du confort. Alors sur ces deux couches, s’ajoute la dernière, la plus moelleuse :

Le surmatelas composé de plumes et plumettes. Et à mon avis le petit nom qu’on lui donnait à l’époque devrait vous rappeler quelque chose que vous avez également dans vos chambres : « couste » « coute » « coite »… »couette » !

On recouvrait le tout d’une toile de lin dit plus couramment linceul. De nos jours ce terme est plutôt morbide mais dans la mesure ou pendant des siècles on est mort dans son lit, l’histoire du mot est pas difficile à retracer.

Polochon (non pas le poisson) et oreillers existaient également sous la forme de « chevet » épousant la nuque. En revanche le terme « oreiller » semblait plutôt faire référence à des petits sachets de senteur cousus sur la courtepointe pour décorer et surtout conserver une douce odeur de fraicheur.

Comme vous le voyez, on était habitué à dormir dans un confort moelleux mais pas seulement. En effet, le petit détail qui fait mouche : ces lits mesuraient environs 4 mètre de large sur 3,50 mètres de long. (Sources : Pascal Dibie, Ethnologie de la chambre a coucher)

Alors est-ce que certains se sentent subitement des envies de devenir châtelain ?

Edit : La question m'a été posée par e-mail. Si nous recherchions un confort similaire dans la gamme des matelas actuelle, je pencherai pour ce modèle sur notre site. Je pense d'ailleurs toujours à vous présenter les literies de rêve sur ce blog. ;)

PS : Les illustrations sont toujours réalisées par le talentieux Emopicto.

Publié dans Histoire de la literie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lit, châlit, courtepointe, moyen âge, histoire, literie |  Facebook

Commentaires

Mon prochain lit ! Merci pour ton excellent article ! Comme d'habitude, passionnant.

Écrit par : Grand Chef | vendredi, 09 novembre 2007

Salut Julie, ca sent le grand retour!!Tres interessant en tout cas!

C'est quand meme dingues de voir que les p'ti gars moyenageux (privilegies certes) dormait dans des lits gigantesques: la famille entiere dormait dedans? (ca fait quand meme 15m2 de lit, c'est plus grand que ma chambre)

Sinon ca existe les oreillers a l'ancienne (parfumé)?

PS: Tu es sur que tu n'avais pas disparu parce que le Grand chef a ordonne a toutes ses equipes de faire la sieste au boulot suite a son post?

Écrit par : Julien | vendredi, 09 novembre 2007

Très instructif.
Sur la largeur du lit : au moyen âge on y dormait à plus de 2...
Pour la garniture du matelas : juste avant ma naissance, mon arrière grand mère et sa soeur, sont allées ravager la forêt avoisinante pour rapporter de la fougère, dont elles ont récupéré les petits brins fins, afin d'en garnir mon matelas de bercelonette...
La fougère était réputée comme calmante et assainissante. Chaque année on regarnissait le matelas en cardant la laine ou tout bêtement, avec des feuilles les plus odoriférantes possibles. C'était il y a 50 ans (pour moi)...
A quand l'antiquité ? Quand on regarde le lit en marbre, on n'a franchement pas envie de s'y allonger...

Écrit par : Calpurnia | samedi, 10 novembre 2007

Julien > Au niveau des seigneurs, ils ne dormaient pas seuls dans la chambre. En revanche je n'ai lu nul part qu'ils accueillaient le personnel dans leur lits. les enfants peut être. Je crois sincérement que l'idée de grandeur allait également avec le prestige, tout simplement.

Pour les oreillers c'est pas dur. Il te suffit d'acheter un sachet senteur en provence et de le caler sous ton oreiller entre la taie et lui...Ah ces hommes, ça manque cruellement de sens pratique ! ;)

Calpurnia > ça donne vraiment envie ta description. Même ma collègue a dit qu'elle aurait aimé ce lit de fougère ! combien de temps pouvait on conserver ce garnissage ?

Écrit par : Julie | lundi, 12 novembre 2007

Dans ma famille campagnarde, il était changé deux fois par an. On recueillait à la bonne période de quoi garnir deux matelats d'enfant. Pour les adultes, cela faisait beaucoup, et on se contentait de la laine à recarder...

Écrit par : Calpurnia | mardi, 13 novembre 2007

Moi je dis si t'es partante une petite interview de toi et de ton sommeil, ça vaudrait le coup d'oeil, Calpurnia !!!!

Écrit par : Julie | mercredi, 14 novembre 2007

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