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Interview dormeur : Le réseau Morphée

Il y a bien longtemps que nous ne nous sommes pas régalés d'une interview sur le sommeil et j'ai décidé pour cette reprise de vous plonger dans celui d'une experte en ce domaine...

Cette année, j'ai eu la chance de voir de plus près les actions du Réseau Morphée et vous me connaissez, j'ai saisi cette occasion pour faire mon paparazzi.

J'ai même refusé d'aller rencontrer Nathalie Portman au festival de Cannes bien consciente que ce blog n'est pas dans la veine glamour mais dans la recherche de votre bien être !

Aussi Madame Royant-Parola, flattée que je délaisse Cannes de la sorte a accepté de jouer le jeu et nous livre les clés de sa chambre...

 

Bonjour madame Royant-Parola, vous êtes présidente du Réseau Morphée.
Pour commencer pourriez-vous nous présenter un peu son rôle et ses missions ?


Sylvie Royant-Parola : Le réseau Morphée est un réseau de santé structure, financé par l’assurance maladie et des institutions.  Son objectif principal est la prise en charge des troubles du sommeil. D’une part vis-à-vis des patients à travers l’orientation vers un praticien, une information sur les maladies. Mais également des actions de prévention auprès du grand public (école, mairie…etc.).
Le  Réseau Morphée mène également des actions vis-à-vis des professionnels de santé, en apportant des  formations sur les troubles du sommeil, mais également en leur permettant une accélération des procédures médicales ( A l’heure actuel, il faut compter 6 mois à 1 an alors qu’en passant par ce circuit il peut être raccourci à 2 mois).
L’association existe depuis 2001 et le réseau de santé depuis 2004. Nous avons mis en place également un blog, des forums sur internet.


Pourquoi avez-vous orienté votre travail sur le secteur du sommeil ?

Sylvie Royant-Parola  : J’ai commencé à travailler à la fac en étant assistante en neuro-anatomie, sur la structure dans le sommeil.
Par la suite, j’ai continué en travaillant dans une clinique du sommeil. Dans les années 1979, nous étions des pionniers en France. Les premiers centres avaient été crées entre 1970-74 et il n’y avait qu’une dizaine à l’époque. C’était assez fascinant, domaine en friche, encore inexploré dans le secteur médical. Tout était à construire, à faire. A tel point que l’assurance maladie accusait les médecins de créer de nouvelles maladies comme avec l’apnée du sommeil qui était totalement inconnue.
Le sommeil reste un monde mystérieux que je trouvais fascinant.
A cette même époque je lisais avec passion les ouvrages de Michel Jouvet sur ce sujet.

On dit souvent que les cordonniers sont les plus mal chaussés… Qu’en est-il de votre sommeil ?

 

030f53d1ecc36b89843f70ac105382d4.jpgSylvie Royant-Parola : Je n’ai aucun problème de sommeil !
Je m’endors très vite et je ne me réveille en avance qu’en période de stress.
J’ai toujours eu un bon sommeil. Et même s’il m’arrive de m’éveiller trop tôt, j’ai quelques techniques pour me rendormir…

De nature, vous êtes une grande ou une petite dormeuse ?

Sylvie Royant-Parola  : Quand j’étais jeune j’étais une grosse dormeuse. Un vrai loir ! Je me couchais de bonne heure en revanche car je me levais tôt.
Avec l’âge, c’est vrai que je dors moins. Je n’en ressens pas un aussi gros besoin.

On dit souvent qu’on perd le sommeil en vieillissant, est-ce vrai ?


Sylvie Royant-Parola  : Le besoin de sommeil décroit avec l’âge en effet. Mais on ne s’en porte pas forcément plus mal.
Ce pendant il n’y a pas qu’un facteur génétique qui entre en compte, notre environnement peut influer sur nos besoins en sommeil.

Récemment nous avons changé nos habitudes avec l’heure d’été. Quelles sont les conséquences sur notre sommeil ? Comment l’avez-vous vécu ?

Sylvie Royant-Parola  : Ce changement d’horaire est difficile pendant quelques jours. Ce décalage perturbe d’une manière plus ou moins importante en fonction des individus.
Lorsqu’on perd une heure, c’est majoritairement les gens du soir qui en souffrent plutôt que ceux du matin. Ce problème ne se pose pas vraiment avec l’heure d’hiver. En effet, il est plus difficile de raccourcir les rythmes que de les allonger.

En âge scolaire, il est nettement plus difficile pour les enfants de se lever et l’endormissement plus tôt est ne se fait pas avec aisance. Il vaut mieux anticiper une semaine avant en couchant un quart d’heure plus tôt jusqu’à l’échéance plutôt que de passer brutalement au changement.


Dans quelle position dormez-vous le plus souvent ?

Sylvie Royant-Parola  : Sur le côté droit. Je bouge très peu. Je ne dors jamais sur le ventre et très rarement sur le dos.


Avez-vous un oreiller, une couette fétiche ou ne prêtez vous pas trop d’importance à votre lit ?

Sylvie Royant-Parola  : Aucune importance ! (rires)
Je ne supporte pas les lits avec un creux au milieu. Le matelas doit être plat et plutôt ferme. Les oreillers doivent être moelleux, pour que je puisse faire un trou avec ma tête dedans. Je déteste les matières réactives et fermes.
La couette est idéale pour être libre dans son lit. Je déteste les lits  bien tirés avec drap et couverture où on reste serré.

Comment vous réveillez-vous le matin ? (radioréveil, téléphone, simulateur ?)

Sylvie Royan-Parola : Je me réveille toute seule sans réveil. Les rares fois où je mets un réveil c’est lorsque je prends un avion pour le cas où je ne me réveille pas. Mais au final, je me réveille avant qu’il sonne.

Êtes-vous de suite opérationnel ou évoluez-vous dans le brouillard un certain temps ? Souriante ou à ne pas approcher ?

Sylvie Royant-Parola  : Je suis tout de suite opérationnel et de très bonne humeur.
Les rares fois où je suis grognon, c’est quand j’ai été malade durant la nuit.

Est-ce que vous avez optimisé votre chambre pour vous reposer ? Aucun ordinateur, aucune télé ?

Sylvie Royant-Parola  : Il y a bien une télé mais elle est toujours éteinte. A vrai dire, elle n’est même pas branchée ! Elle date d’une époque où mon mari  était alité et s’ennuyait. Depuis elle est restée mais elle ne sert jamais.
La chambre est réservée au sommeil, on peut dire.

Le soir avez-vous un rituel pour trouver plus facilement le sommeil ? Est-il vraiment nécessaire de conserver ces habitudes ou notre rythme peut varier d’un jour sur l’autre ?

Sylvie Royant-Parola  : J’adorerai lire le soir dans mon lit mais j’en suis incapable ! C’est mon drame personnel… Dès la dixième ligne je dors !
Lorsqu’on a des problèmes de sommeil, il est important d’établir des rituels, des signaux envoyés  à notre cerveau pour le mettre en phase d’endormissement. Mais lorsqu’on ne rencontre pas de soucis particuliers, c’est assez limité. Pour une femme, ce sera généralement : se déshabiller, se démaquiller, se laver les dents et se mettre au lit !

Pour  un enfant c’est très important. Ça conjure l’angoisse d’aller dormir. On l’oublie très souvent mais à cet âge là, on ne sait pas où on va quand on s’endort. Les cauchemars impressionnent et peuvent rendre anxieux. C’est en effet vers l’âge de 15 mois qu’ils apparaissent.
Il faut aider l’enfant, l’accompagner  pour qu’il puisse lâcher prise.

Est-ce que vous vous souvenez de vos rêves ? Des thèmes récurrents ?

Sylvie Royant-Parola  : Je me souviens assez rarement de mes rêves. A part par période et c’est souvent en rapport avec des changements dans ma vie, ou un film qui m’aurait marqué.

Après un cauchemar que faites-vous ?

Sylvie Royant-Parola  : Je n’ai pas fait de cauchemars depuis très très très longtemps. Des rêves plutôt désagréables ça m’arrive mais rien d’angoissant.

Lors de la journée de prévention, j’ai pu constater à vos côtés que les jeunes se couchaient aussi tard que les adultes et usaient et abusaient des consoles, ordinateurs, téléphones avant de s’endormir…Quand il ne recevait pas de sms la nuit ! Quand vous étiez petite, comment se passait votre couché ?

Sylvie Royant-Parola  : J’adorai mon lit ! J’adorai aller dormir ! C’était très plaisant pour moi.
Je ne la partageais pas, c’était ma chambre a moi. ! :)

Est-ce que vos parents vous lisaient une histoire avant de vous endormir ?


Sylvie Royant-Parola  : Ouhlala, je ne me souviens pas ! C’est que ça remonte à Mathusalem…
Oui, mon père me racontait des histoires, je ne m’en souviens que maintenant !
C’était celle des rois de France !

D’une culture à une autre, on se rend compte que beaucoup de famille pratique le co-sleeping à savoir parents et enfants qui dorment ensembles. Est-ce que cela trouble le sommeil de l’enfant où cela le rassure et s’avère propice ?

Sylvie Royant-Parola  : Tout dépend si la pratique est occasionnelle ou systématique.
Clairement il vaut mieux éviter de dormir avec un bébé tout petit dans son lit, moins de un an, il y a un vrai risque d’étouffement. Il y a eu des accidents terribles ainsi.
En revanche, prendre l’enfant dans la chambre jusqu’à six mois, c’est plutôt une bonne chose car on reste  attentif à son sommeil sans le gêner.

Souvent lors d’une séparation, la mère n’hésite pas à prendre l’enfant avec elle pour dormir. Lorsqu’un nouveau compagnon arrive et l’enfant est renvoyé dans sa chambre, cette nouvelle séparation est très mal vécue.
Si cela reste occasionnel, lors d’une maladie ou suite à une crise d’anxiété, il n’y a aucun soucis pour son sommeil, ce sera même rassurant pour l’enfant.
Et puis rejoindre le dimanche matin pour une petite heure de sommeil papa et maman, c’est un des plaisirs de la vie.

Quel livre de chevet laisseriez-vous sur votre table de nuit ?

Sylvie Royant-Parola  : Aucun puisque je m’endors avant... Mais  si je veux lire quelque chose de bien prenant, je me tournerai vers un polar complexe ou un Stephen King.

Si vous associez votre sommeil à celui d’un animal, ce serait…

Sylvie Royant-Parola  :La lionne.
Pour son sommeil voluptueux, sa tranquillité mais  contrairement au lion, elle peut se montrer très active et réactive, les oreilles aux aguets.

Est-ce que vous auriez quelques conseils à donner aux lecteurs qui rencontrent des troubles du sommeil ?

Sylvie Royant-Parola  : Un trouble qui dure au-delà de 3 mois et qui détériore la qualité de vie, en dehors de passif dépressif, nécessite une consultation.
Dans un premier temps il est nécessaire d’en parler au médecin généraliste, il aborde souvent a la fin, in extremis alors que c’est un facteur clé.

Consommateur de somnifère en France. Elle ne devrait pas être au long court mais doit être discontinue.




Merci beaucoup de vous être prêté au jeu du profil dormeur.
Si vous avez des questions à poster au docteur Royant-Parola, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

 

 

Et n'oubliez pas d'envoyer vos sourires pour l'opération 1 000 sourires, 1 rêve !! 

Commentaires

  • Il va falloir que j'en prenne de la graine de tout ça !

    J'ai un mauvais sommeil d'angoissée et je suis souvent à me coucher tard pour retarder le + possible... sauf quand je suis HS !

    En ce moment, j'ai même un retour des crises d'angoisse nocturnes sur le petit matin avec réveil en tremblant et tout ! :D

    Mais je ne tomberai pas dans le panneau des somnifères, même s'ils pourraient être bien pratiques ! ;)

    Je vais faire un tour sur le site du réseau !

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