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tobie

  • Nuit de noce...

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    S’il y a bien une nuit qui semble pleine de promesses alléchantes c’est cette dernière.
    Elle a pourtant au fil des siècles et des couches sociales connue des évolutions dans nos moeurs.

    Ainsi célébrait on jusqu’à la fin du moyen âge : la nuit de Tobie.

    Issue d’un « conte » religieux, elle visait à empêcher aux mariés de consommer leur union les premières nuits.

    medium_Le_Sueur_Tobie.jpgPour cela, les invités à la noce avaient recours à des farces de tout genre (envahir la chambre, veiller au milieu du lit avec les amoureux…etc).


    Elle fut remplacée par « la rôtie ».

    Cette pratique n’est guère moins intrusive puisqu’elle demandait aux célibataires d’entrer dans la chambre au beau milieu de la nuit afin de faire boire une mixture de leur invention servie dans un pot de chambre aux mariés.
    Elle était censée renouveler les ardeurs de monsieur afin qu’il puisse continuer d’honorer sa dame pour les heures restantes. Il va sans dire que le bizutage pouvait se continuer sur quelques bonnes farces.

    Autre pratique qui est d’ailleurs rentrée dans notre langage courant : le charivari.
    Réservée aux veufs et veuves se remariant, elle était également d’usage lorsqu’il y avait un grand écart d’âge entre les époux.

    Ainsi l’homme plus âgé (figure la plus courante à l’époque) enlevant une fiancée potentielle devait offrir une tournée aux jeunes hommes du village pour s’amender.
    En provence, on appelait cela "la peloto".

    Vous vous doutez que la tradition du charivari demandait également à ce qu’on empêche les mariés de sombrer dans les extases de la chaire à grand renfort de brouhaha : taper sur les casseroles, sonner les cloches…medium_charivari.jpg

    Ces bizutages sont clairement issus du monde rural pour les aristocrates et particulièrement les épousailles royales, le film de Sofia Coppola « Marie-Antoinette » la nuit de noce y est très bien retranscrite (rite d’une froideur et d’un protocole des plus tétanisant, je trouve).

    Entre le XVIIe et le XVIIIe, les demoiselles recevaient leurs visiteurs durant trois matins, allongées dans leur lit. La bruyère le décrit ainsi :
    « C’est un usage à Paris que les nouvelles mariées reçoivent, les trois premiers jours, leurs visites sur un lit où elles sont magnifiquement parées, en compagnie de quelques demoiselles de leurs amies ; et tout le monde va les voir, et examine leur fermeté et leur contenance avec une infinité de questions et de quolibets qu’on leur dit en cette occasion » (Sources : Dormir, les 1001 rituels du sommeil de Denise Glück)

    Après ce petit voyage dans nos habitudes passées, retour sur la nuit de noce contemporaine : moment d’intimité entre monsieur et madame.

    Je pense que la majorité d’entre nous, percevraient le débarquement des invités au beau milieu de la nuit comme une intrusion frôlant l’agression…non ?

    Sans entrer dans des considérations virginales, votre nuit de noce s’est elle passée à la hauteur de vos espérance ou bien comme beaucoup vous étiez bien trop fatigués après une journée et une nuit de folie pour laisser vos gambettes en réaliser de plus sportives ?

    Et pour ceux qui n’ont pas encore consommé le mariage, comment l’imaginez vous ?